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Pourvoi en cassation devant le Conseil d'État

Fiche d'information conditionnée

Pourvoi en cassation devant le Conseil d'État

Mis a jour le 16/10/2026 - Service Public / Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre)

Le pourvoi en cassation vous permet de demander au juge de cassation de vérifier que les juges du fond (tribunaux administratifs, cours administratives d’appel et juridictions administratives spécialisées) ont respecté les règles de forme, de procédure et ont correctement appliqué les règles de droit. En matière administrative, le pourvoi en cassation doit être déposé devant le Conseil d'État. Nous vous présentons les informations à connaître.

Pour quelles décisions peut-on faire un pourvoi en cassation devant le Conseil d’État ?

Vous pouvez faire un pourvoi en cassation contre toute décision juridictionnelle rendue en dernier ressort sauf texte législatif contraire.

Le Conseil d’État juge les décisions rendues en dernier ressort par les tribunaux administratifs, les cours administratives d’appel et les juridictions administratives spécialisées.

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’État bloque-t-il l’exécution de la décision ?

Le pourvoi en cassation n'est pas suspensif.

Toutefois, vous pouvez demander au Conseil d’État de prononcer avant la décision définitive un sursis à exécution.

Pour que le sursis à l’exécution soit accepté, vous devez présenter des moyens sérieux de nature à justifier votre demande.

À noter

À noter

À tout moment, il peut être mis fin au sursis qui avait été accordé.

Quels sont les délais pour déposer un pourvoi en cassation devant le Conseil d’État ?

Le délai de recours est indiqué dans la notification de la décision contestée.

Le délai varie en fonction de votre lieu de résidence et de la nature de la décision :

  • Vous résidez en métropole

    Le délai varie selon la nature de votre pourvoi (référé ou non) :

    • Cas général

      Le délai est de 2 mois à partir de la notification de la décision contestée.

      À noter

      À noter

      L'absence de mention dans la notification de la décision d'un délai de pourvoi en cassation inférieur à 2 mois entraîne l'application automatique d'un délai de 2 mois.

    • Référé

      Le délai est de 15 jours à partir de la notification de la décision contestée.

  • Vous résidez en outre-mer

    Le délai varie selon la nature de votre pourvoi (référé ou non) :

    • Cas général

      Le délai est de 3 mois à partir de la notification de la décision contestée.

    • Référé

      Le délai est de 1 mois et 15 jours à partir de la notification de la décision contestée.

  • Vous résidez à l’étranger

    Le délai varie selon la nature de votre pourvoi (référé ou non) :

    • Cas général

      Le délai est de 4 mois à partir de la notification de la décision contestée.

    • Référé

      Le délai est de 2 mois et 15 jours à partir de la notification de la décision contestée.

Faut-il prendre un avocat pour faire un pourvoi en cassation devant le Conseil d’État ?

Oui, il est obligatoire de prendre un avocat pour faire un pourvoi en cassation devant le Conseil d’État, sauf si votre pourvoi concerne une décision rendue par une juridiction de pension.

Vous devez prendre un avocat aux Conseils (appelé aussi avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation).

À savoir

À savoir

En fonction de vos revenus et de la valeur de votre patrimoine, vous pouvez demander à bénéficier de l'aide juridictionnelle.

Comment déposer un pourvoi en cassation devant le Conseil d’État ?

La manière de déposer la requête varie selon qu’elle est déposée par vous-même ou par votre avocat :

  • Par vous-même

    Vous pouvez déposer votre requête de plusieurs façons :

    • En ligne

      Vous pouvez déposer votre requête via le service en ligne Télérecours citoyens :

      La requête doit être signée et comprend les éléments suivants :

      • Vos nom, prénoms et adresse
      • L’exposé précis des faits
      • Les moyens de droit
      • Les conclusions (par exemple l’annulation totale ou partielle de la décision contestée).

      Votre requête doit être accompagnée des éléments suivants :

      • Copie de la décision que vous contestez
      • Copie de tous les documents utiles à la résolution de votre litige.
    • Par courrier

      La requête peut être envoyée par courrier, de préférence par RAR, à l’accueil du greffe de la section du contentieux du Conseil d’État.

      La requête doit être signée et comprend les éléments suivants :

      • Vos nom, prénoms et adresse
      • L’exposé précis des faits
      • Les moyens de droit
      • Les conclusions (par l’exemple l’annulation totale ou partielle de la décision contestée).

      Votre requête doit être accompagnée des éléments suivants :

      • Copie de la décision que vous contestez
      • Copie de tous les documents utiles à la résolution de votre litige.

      À noter

      À noter

      Lorsque vous envoyez votre requête sous format papier, vous devez y joindre la décision contestée et les pièces jointes accompagnées d’un inventaire, le tout en 2 exemplaires.

    • Sur place

      La requête peut être déposée auprès du greffe de la section contentieux du Conseil d’État.

      La requête doit être signée et comprend les éléments suivants :

      • Vos nom, prénoms et adresse
      • L’exposé précis des faits
      • Les moyens de droit
      • Les conclusions (par l’exemple l’annulation totale ou partielle de la décision contestée).

      Votre requête doit être accompagnée des éléments suivants :

      • Copie de la décision que vous contestez
      • Copie de tous les documents utiles à la résolution de votre litige.

      À noter

      À noter

      Lorsque vous déposez votre requête sous format papier, vous devez y joindre la décision contestée et les pièces jointes accompagnées d’un inventaire, le tout en 2 exemplaires.

  • Par votre avocat

    Votre avocat doit transmettre votre requête signée via le téléservice Télérecours.

    Mais si l'avocat n'est pas encore inscrit dans le téléservice Télérecours, il peut envoyer la demande par tous moyens.

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’État est-il payant ?

En principe, le pourvoi en cassation est gratuit.

Toutefois, vous devez prendre un avocat et payer ses honoraires (sauf si votre pourvoi concerne une décision rendue par une juridiction de pension).

Rappel

Rappel

En fonction de vos revenus et de la valeur de votre patrimoine, vous pouvez demander à bénéficier de l'aide juridictionnelle.

Comment le Conseil d'État juge-t-il l'affaire ?

Toute demande fait l’objet d’une procédure préalable d’admission avant l'examen des arguments et la prise de décision.

Procédure préalable d'admission

Après l’enregistrement du pourvoi en cassation auprès du greffe du Conseil d’État, l’affaire est confiée à l’une des 10 chambres de la section contentieux du Conseil d’État.

Il s'agit d'écarter les pourvois irrecevables (par exemple, délai de pourvoi dépassé) ou qui ne sont pas fondés sur un moyen sérieux (par exemple, argumentation insuffisante de la requête).

Le président de la chambre examine rapidement le dossier et choisit entre 3 solutions :

  • Rejeter seul la requête par voie d’ordonnance
  • La soumettre à la procédure d’admission
  • L’admettre directement.

À noter

À noter

Si votre dossier est rejeté, la décision juridictionnelle vous est notifiée.

Dans ce cas, vous avez la possibilité de faire un recours en rectification d’erreur matérielle ou un recours en révision.

Dès lors que votre pourvoi est admis, l’instruction débute.

Instruction

L'instruction s'appuie sur des mémoires écrits présentant les arguments des parties. Il s’agit du principe du contradictoire.

En complément de l’instruction écrite, une séance orale d'instruction peut être organisée.

La séance orale d'instruction permet d'avoir un débat contradictoire sur les éléments utiles pour trancher le litige.

L’affaire est ensuite inscrite à une séance de jugement.

Déroulement de l’audience

L’audience est publique.

Le rapporteur rappelle le contenu de la requête et présente les arguments de chacune des parties.

Puis, la parole est donnée au rapporteur public qui prononce ses conclusions et propose la solution qui lui paraît la plus appropriée.

Le Conseil d’État ne juge que le droit. Son contrôle porte sur les moyens relatifs à la régularité de la décision (contrôle de légalité externe) et sur les moyens relatifs au bien-fondé de la décision (contrôle de légalité interne).

Contrôle de légalité externe

Le juge de cassation contrôle que la décision a été rendue conformément aux règles de droit et de procédure applicables au juge du fond.

Il vérifie notamment que la décision ne présente pas de méconnaissance des règles de compétence, de vices de forme, de violations des règles de procédure ou de défaut de motivation suffisante.

Contrôle de légalité interne

Le juge de cassation examine le raisonnement des juges du fond.

Les moyens de cassation sont l'erreur de droit (mauvaise compréhension d’une règle de droit) et l’erreur de faits (inexactitude matérielle des faits, erreur de qualification juridique des faits, dénaturation des faits).

À noter

À noter

Le délai moyen de jugement d’un pourvoi en cassation est d’environ 1 an.

À l’issue de l’audience, l’affaire est mise en délibéré. La décision du Conseil d’État est, en moyenne, rendue 3 semaines après l’audience.

Décision du Conseil d'État

Après l’examen des moyens de cassation, il y a 2 solutions :

  • Rejet du pourvoi

    Le Conseil d’État peut rejeter le pourvoi s’il estime que la décision est régulière et bien fondée ou procéder à une substitution de motifs, voire parfois à une substitution de base légale.

  • Annulation de la décision (cassation)

    Le juge de cassation peut casser l'arrêt ou le jugement parce qu'il considère que l'un des motifs est fondé.

    • Cassation avec renvoi

      La cassation avec renvoi permet au juge de cassation de ne pas statuer sur le fond du litige. Il peut renvoyer l’affaire devant la même juridiction ou devant une juridiction de même niveau pour qu’elle soit rejugée.

    • Cassation sans renvoi

      Le choix de la cassation sans renvoi est fait lorsque l'annulation suffit à mettre fin au contentieux et qu'il ne reste rien à juger. Le Conseil d'État a la capacité et parfois l'obligation de régler définitivement l'affaire au fond.

Est-il possible de contester la décision rendue par le Conseil d’État ?

En principe, une décision rendue par le Conseil d’État statuant en cassation est définitive.

Toutefois, dans certains cas, il est possible de contester la décision par l'un des recours suivants :

Définitions

Juge du fond

Magistrat ou une juridiction qui statue sur le fond d’un litige, c’est-à-dire sur les faits et le droit

Décision rendue en dernier ressort

Décision contre laquelle un recours en appel n'est pas possible

Recours juridictionnel suspensif

Recours exercé devant un juge qui a pour effet d'empêcher l'application d'une mesure ou d'une décision, tant que celui-ci n'a pas décidé

Sursis à exécution

Décision du juge de suspendre l'exécution du jugement ou de l'arrêt contesté

Jugement

Décision rendue par une juridiction

Moyens

Arguments juridiques par lesquels une partie conteste (ou défend) la légalité de la décision attaquée

Sursis

Dispense accordée à une personne ayant pour effet de suspendre l’exécution d’une sanction, d’une amende ou d’une condamnation

Notification

Formalité par laquelle un acte de procédure ou une décision est porté à la connaissance d’une personne

Référé

Procédure permettant de demander au juge qu'il ordonne des mesures provisoires mais rapides, et dans l'attente d'un jugement, tendant à préserver les droits du demandeur

Requête

Écrit formalisé permettant de saisir un tribunal

Greffe

Service d'un tribunal composé de fonctionnaires qui assistent les magistrats dans leur mission

Honoraires

Rémunération des services rendus par les membres de certaines professions libérales (médecins, notaires, avocats, architectes, etc.)

Chambres au Conseil d’État

Anciennement appelées « sous-sections » de la Section du contentieux au Conseil d’État, les chambres sont chacune composées d’un président, de 2 assesseurs, de 2 rapporteurs publics et de 5 à 10 rapporteurs. Chaque chambre possède ses spécialités.

Président de la chambre

Magistrat qui dirige une chambre (ou section contentieuse) au sein du Conseil d'État. Il organise les travaux, préside les audiences, supervise l’instruction des affaires et rédige ou valide les projets de décision.

Ordonnance

Nom donné à certaines décisions de justice prises par un magistrat unique (président de juridiction, juge d'instruction, etc.). Par exemple, une ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel prise par un juge d'instruction.

Porcédure d’admission du pourvoi en cassation devant le Conseil d’État

Procédure permettant d’écarter l’éventualité d’une irrecevabilité ou l’absence de moyen sérieux d’un pourvoi en le confiant à un rapporteur puis à un réviseur et enfin à un rapporteur public qui examinent tour à tour non pas le pourvoi, mais la question de son admission

Mémoire

Document par lequel une partie (demandeur ou défendeur) présente ses conclusions (ce qu'elle demande au juge) et les moyens (arguments de droit et de fait qui les appuient). Par exemple, mémoire en défense pour la partie qui défend.

Procédure contradictoire

Principe fondamental du droit qui garantit à toute personne concernée par une décision d'être informée des arguments et preuves avancés contre elle. Il permet également à la personne de pouvoir en discuter devant le juge.

Débat contradictoire

Débat où chaque partie est en mesure d'exposer son point de vue et de discuter des preuves, faits, arguments liés à l'affaire concernée

Rapporteur

Magistrat chargé d’instruire le dossier et de préparer un projet de jugement. Lors d’un procès, il rappelle le contenu de la demande et les échanges de mémoires.

Parties (au procès)

Personne qui est engagée dans un procès civil soit en tant que demandeur, soit en tant que défendeur

Rapporteur public

Magistrat d'une juridiction administrative chargé de donner, en toute indépendance, son appréciation sur les faits, le droit applicable et son avis sur la solution à donner au litige

Délibéré

Temps après l'audience pendant lequel les juges (et les jurés à la cour d'assises) discutent entre eux pour prendre une décision ensemble sur l'affaire

Substitution de motifs

Lorsque l’administration constate que les motifs de sa décision ne permettent pas de la justifier légalement, elle peut demander au juge de les remplacer par un autre motif

Substitution de base légale

Lorsque le fondement juridique (base légale) de la décision attaquée n’est pas correct mais que la même décision aurait pu être prise sur un autre fondement juridique, le juge peut le substituer à celui que l’administration avait initialement retenu.

Arrêt

Décision rendue par une cour administrative d'appel

Jugement (TA)

Décision rendue par un tribunal administratif

Tierce opposition

Recours permettant à une personne de contester la décision de justice, alors qu'elle n'était pas partie au procès

RAR

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